L’œuvre du jour

La galerie Paris-Beijing a présenté un important projet lors de son accrochage à Paris Photo. Leur ‘booth’ jauni accueillait des tirages choisis parmi un demi million de négatifs récupérés dans une décharge municipale chinoise. La galerie nous laissait voir aussi les pellicules correspondantes. Thomas Sauvin est le sauveteur de ces instantanés laissés pour compte au milieu des ordures de Pékin. Il est l’artiste, l’initiateur de la proposition Beijing Silvermine, le rassembleur de cette incroyable archive.

À la découverte de ces photographies aux sujets spontanés ou timides, aux scènes banales ou atypiques, dont les exemplaires portent innocemment les empreintes du temps, de l’humidité et de l’oubli, les réflexions fusent dans notre esprit.
Nous nous souvenons qu’en droit, il est dit d’une personne qui trouve un trésor qu’elle en est « l’inventeur ». Notion juridique non seulement poétique mais aussi révélatrice. La recherche laborieuse au sein du centre de recyclage laisse place à l’invention, on voudrait inventer une vie à ceux qu’on croise sur ses images. Les cadrages, le net et le flou, les taches, nous laissent juste assez d’indices pour un point de départ.

Personnellement, la pluie de question continue ; quel rôle est concédé aux personnes qui ont antérieurement pris ces photos? Si ce n’est artiste ou auteur, qui sont ces anonymes? Et qu’en est-il de ceux représentés? Sans doute sont-ils à mille lieux de se douter que leur portrait figure sur les murs d’un salon international de la photographie à Paris dont le rayonnement 2016 surpasse l’imagination. Peut-être n’ont ils eux-même physiquement jamais quitté la Chine?

-Et si -comme souvent- provoquer la formulation d’hypothèse par le public était l’une des raisons d’être de ce travail artistique?

Le site de la galerie est ici.
Pour une illustration de ce projet et de son ampleur, nous vous conseillons de voir le mini film ici.

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