L’oeuvre du jour

Il y a certaine période où le destin nous adresse de doux rappels et fait s’enchaîner les mêmes rencontres.
Les toiles d’Etel Adnan nous ont toujours fascinées sans pourtant se rallier à aucun de nos critères de prédilection. Nous avions une affection énigmatique pour l’artiste. Nous fixions ses peintures comme des qualités à acquérir. Nous aurions aimé porter en nous tant de sens et de réflexion sans rien n’en laisser paraître, sous un abord serein et coloré tel un paysage californien.

Et puis cet été, il y a eu tout d’abord « Izmir », film produit par Joana Hadjithomas et Khalil Joreige et projeté le temps de leur exposition au Jeu de Paume à Paris. Il y a une pesanteur insoupçonnée dans le travail polymorphe d’Etel Adnan. Il y a surtout des mots et des paroles, trilingues et entêtants.

Une poignée de jours plus tard, nous lisions ses écrits dans l’Eurostar direction Londres: des villes, des femmes, de la poésie. Nous, enfants mono culturels par excellence, ne pouvions qu’être ébahis devant cette facilité d’expression mariant parfaitement de multiples origines. Le rapport aux provenances est un lourd bagage magnifiquement porté par l’auteur.
Le lendemain, à la Serpentine, l’accrochage présente les œuvres d’Etel Adnan et l’exposition s’intitule « le poids du monde »; nous y sommes. Le mystère est résolu, ses peintures illustrent l’essence d’un texte ou d’un souvenir.

Entre temps, nous sommes de retour à Paris. D’ici quelques jours, une grande exposition personnelle dédiée à l’œuvre d’Etel Adnan débutera à l’Institut du Monde Arabe. Une nouvelle occasion.

Vous trouverez les informations sur l’exposition à la Serpentine ici.
Et celles sur l’exposition à l’IMA, ici.

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