La chance du jour

Pour ceuxdujour, nous écrivons nos articles dans un mode rédactionnel hyper-spontané, comme si nous vous racontions une anecdote en sirotant un thé au Café de la Poste en journée, ou un verre au Kechmara en début de soirée. Nous sommes loin, dans nos posts (quasi) quotidiens, des compétences et du sérieux de diptyk mag par exemple. Nous nous complaisons dans ce style d’écriture, petits billets rédactionnels passe-partout, commentaires de spectatrices extérieures. Mais nous savions, au fond, qu’arriverait le jour où une œuvre -ou son auteur -ou un événement artistique, serait si étourdissante qu’il ne serait plus aussi simple d’en parler de manière détachée. Avec autant de naïveté qu’auparavant, nous allons essayer de vous conter nos cinq jours à Marrakech, pour l’inauguration de la biennale d’art contemporain. C’était la chance de l’année.

Commençons dans le (volumineux) registre des émotions; la sixième biennale est dédiée à la mémoire de la photographe Leila Alaoui, décédée à 33 ans, suite à ses blessures lors de l’attentat de Ouagadougou.

Elle était une artiste d’exception qui portait un message dépassant l’esthétique de ses photographies. Si, au-delà de la découverte de son travail (notamment Crossing et la série « les marocains »), nous avions besoin d’une preuve supplémentaire, sa qualité est mesurable à l’intensité des hommages artistiques qui lui ont été rendus.
Les artistes rencontrés ont témoignés toute leur considération et toute leur estime à leur Leila, à travers des créations fortes ou des textes inspirants.

Avoir été, lors de quelques moments, un témoin privilégié de cette démarche collective a donné un sens à notre séjour à la biennale de Marrakech.
Un sens, comme une signification mais aussi comme une direction.
Jamais nous n’avions été sensible à une œuvre créée à partir de déchets, pourtant l’œuvre du collectif Zbel Manifesto nous a plu tout de suite. Et puis la nuit, éclairée, elle nous a captivées. En fait, il semblerait que rendre l’anodin féérique soit un point commun présent dans les travaux personnels de plusieurs membres de ce groupe d’artistes formé par Ghizlane Sahli Sarnefors, Katia Sahli, Saad Alami et Othman Zine.

Peu après, au projet partenaire Ke’ch Collective (initiative suisse et marocaine), nous faisions l’expérience poétique de l’œuvre de Ghizlane.

Le site de la biennale de Marrakech est ici
Nous pouvons revoir le travail de Leila Alaoui ici
La page facebook de Zbel Manifesto est ici, et celle de Ke’ch Collective, ici
Ke’ch Collective a aussi un site, ici

PS : il y aura plusieurs articles, repérables par leur étiquette #MKB6 (couleur soleil).

MKB6-1